Le décès en garde à vue, le 16 septembre 2022, de Mahsa Jina Amini, arrêtée à Téhéran pour mauvais port de voile, est à l’origine de la révolution Femme, Vie, Liberté. Leur compatriote, l’écrivaine Chahla Chafiq, a traqué les mots de cet embrasement : ils s’inscrivent dans la tradition protestataire de la poésie iranienne et tout un pays les utilise : "Je suis le phénix des cendres d’une génération brûlée", "Je suis la souffrance commune, crie-moi"… Volées à la censure d’un pouvoir à bout de souffle, ces paroles éclairent le courage d’une jeunesse qui meurt dans l’espérance de la victoire.