Des progrès considérables ont été accomplis et ont permis à la psychiatrie de devenir une discipline authentiquement thérapeutique. Hélas, après une période faste allant des années cinquante à la fin du XXe siècle, la psychiatrie publique aujourd’hui désargentée se replie sur une logique sécuritaire et une désolante vision biomédicale des troubles mentaux. Face à elle, les établissements privés prospèrent, mais la logique financière y concurrence la mission sanitaire d’une façon préoccupante. Ce dispositif laisse à l’abandon de nombreux malades. Un tel scandale n’a pourtant rien d’inéluctable.