L’antibiorésistance, qui rend inefficaces nos médicaments les plus précieux, est due à leur utilisation massive, depuis les années 1950, notamment pour soutenir un modèle agricole intensif. Malgré une réduction de moitié de l’emploi de ces molécules dans l’élevage, cette enquête menée auprès des acteurs de la filière et dans les arènes scientifiques et politiques, montre que l’agriculture ne renonce pas à son antibiodépendance. Éleveurs et vétérinaires sont prisonniers d’un système industriel qui cherche des solutions court-termistes aux dégâts sanitaires et environnementaux qu’il engendre.